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N° 3689 · Corps

Sclérose en plaques et grossesse : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

« Je veux un bébé, mais ma sclérose en plaques me fait peur. Est-ce que je vais pouvoir mener ma grossesse sans risque ? Est-ce que la maladie…

« Je veux un bébé, mais ma sclérose en plaques me fait peur. Est-ce que je vais pouvoir mener ma grossesse sans risque ? Est-ce que la maladie va empirer ? » Ces questions, des milliers de femmes se les posent. La bonne nouvelle, c’est que la science répond clairement : oui, on peut devenir maman avec une SEP. Mais comme pour tout projet de grossesse, il y a des précautions à prendre – surtout côté traitement. On fait le point avec des infos claires, des chiffres précis et des conseils pour aborder cette aventure en toute confiance (sans minimiser les défis).

Grossesse et SEP : pourquoi les symptômes s’améliorent souvent (et quand)

Si vous avez une sclérose en plaques, sachez que votre corps a un super-pouvoir pendant la grossesse : dans 70 à 80 % des cas, les poussées diminuent, surtout à partir du 2ᵉ trimestre. Une étude publiée dans Neurology en 2020 a montré que le taux de rechutes chutait de 70 % au 3ᵉ trimestre par rapport à l’année précédant la grossesse. Le responsable ? Votre système immunitaire, qui se met en mode « tolérance » pour ne pas rejeter le bébé (et accessoirement, calme le jeu sur les attaques contre votre système nerveux). Attention, ce répit est temporaire : dans les 3 mois après l’accouchement, le risque de poussée remonte de 20 à 30 %. Un phénomène bien documenté, mais qui ne doit pas vous décourager – des solutions existent pour limiter la casse (on en parle plus bas).

Grossesse et SEP : pourquoi les symptômes s’améliorent souvent (et quand)
La grossesse peut apaiser les symptômes de la SEP, surtout à partir du 2ᵉ trimestre.

Traitements de la SEP : lesquels arrêter (et quand) avant de concevoir

C’est LA question qui fâche : faut-il stopper son traitement pour tomber enceinte ? La réponse dépend du médicament. Certains, comme l’interféron bêta ou le glatiramère acétate, sont considérés comme compatibles avec la grossesse (pas d’augmentation du risque de malformations selon les données disponibles). D’autres, en revanche, doivent être arrêtés bien avant la conception. Exemple : le fingolimod, un immunosuppresseur, doit être stoppé au moins 2 mois avant d’essayer de tomber enceinte (son élimination par le corps prend du temps). Le problème ? Ces arrêts peuvent faire remonter le risque de poussées. D’où l’importance d’en parler 6 à 12 mois avant le projet de grossesse avec son neurologue, pour ajuster le traitement en amont et éviter les mauvaises surprises. Un tableau récapitulatif des molécules et de leurs délais d’arrêt est souvent fourni par les associations de patients (comme l’AFSEP en France).

Traitements de la SEP : lesquels arrêter (et quand) avant de concevoir
Certains traitements doivent être arrêtés des mois avant la conception pour protéger le bébé.

Accouchement et post-partum : ce qui change avec une SEP

Bonne nouvelle : la SEP n’augmente pas le risque de complications pendant l’accouchement (pas plus de césariennes ou de prématurité que dans la population générale, selon une méta-analyse de 2019). En revanche, la fatigue et les troubles de la sensibilité peuvent rendre le travail plus éprouvant. Certaines maternités proposent des protocoles adaptés, comme des pauses plus fréquentes ou un monitoring moins invasif. Côté post-partum, c’est là que ça se corse : le risque de poussée est multiplié par 1,5 à 2 dans les 3 premiers mois. Mais une étude italienne de 2021 a montré que l’allaitement exclusif réduisait ce risque de 40 %. Pas une garantie, mais une piste à creuser avec son équipe médicale – d’autant que la plupart des traitements de fond sont compatibles avec l’allaitement (sauf exceptions comme le mitoxantrone).

Accouchement et post-partum : ce qui change avec une SEP
L’allaitement exclusif réduit le risque de poussées après l’accouchement.

Préparer son corps et son mental : 3 leviers pour limiter les risques

Une grossesse avec SEP, ça se prépare comme un marathon. Premier levier : la vitamine D. Les femmes atteintes de SEP ont souvent des taux bas, et un déficit est associé à un risque accru de poussées. Une supplémentation (sous contrôle médical) pour atteindre un taux sanguin entre 75 et 100 nmol/L est recommandée. Deuxième levier : l’activité physique. Une étude canadienne de 2022 a montré que 30 minutes de marche rapide par jour réduisaient la fatigue de 25 % chez les femmes enceintes avec SEP. Enfin, troisième levier : l’organisation. Prévoir un congé maternité plus long (au moins 6 mois) et un soutien à domicile pour les tâches quotidiennes permet de récupérer plus vite. Des plateformes comme Mon Parrainage mettent en relation des familles avec des bénévoles pour aider aux courses ou à la garde des aînés.

Préparer son corps et son mental : 3 leviers pour limiter les risques
Préparer son corps et son environnement facilite le quotidien avec un nouveau-né.
💡 Conseils & astuces
  • Faites un bilan sanguin de vitamine D 3 mois avant d’arrêter votre contraception : un taux < 50 nmol/L doit être corrigé avant la grossesse.
  • Prévoyez un carnet de suivi pour noter vos symptômes pendant la grossesse (fatigue, troubles visuels) : ça aidera votre neurologue à ajuster le suivi post-partum.
  • Si vous prenez du fingolimod, programmez un arrêt progressif avec votre médecin 2 mois avant la conception pour éviter un rebond de poussées.
  • Optez pour des coussinets de gel froid (type Thermacool) pendant l’accouchement : ils soulagent les douleurs liées aux troubles de la sensibilité sans médicaments.
  • Préparez des repas surgelés avant l’accouchement : la fatigue post-partum est souvent sous-estimée, et cuisiner sera la dernière de vos priorités.
FAQs

Est-ce que la SEP se transmet à mon bébé ?

Non, la sclérose en plaques n’est pas une maladie génétique héréditaire. En revanche, le risque pour l’enfant d’une mère atteinte est légèrement augmenté (2 à 4 % contre 0,1 % dans la population générale), probablement à cause d’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Mais 96 % des enfants de mères avec SEP ne développeront jamais la maladie.

Puis-je prendre des antidouleurs pendant la grossesse si j’ai une poussée ?

Certains antidouleurs comme le paracétamol sont autorisés (max 3 g/jour). En revanche, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, aspirine) sont déconseillés après le 6ᵉ mois. Pour les poussées sévères, des corticoïdes peuvent être prescrits en cure courte (3 à 5 jours), mais toujours sous surveillance médicale.

L’épidurale est-elle risquée avec une SEP ?

Non, l’épidurale n’aggrave pas la SEP et n’augmente pas le risque de poussées. Elle est même souvent recommandée pour éviter la fatigue liée à un accouchement long. Parlez-en à votre anesthésiste pour adapter la dose si vous avez des troubles de la sensibilité.

Est-ce que je pourrai porter mon bébé si j’ai des problèmes d’équilibre ?

Oui, mais avec des adaptations. Utilisez un porte-bébé physiologique (type Ergobaby) pour répartir le poids sur les hanches plutôt que sur le dos. Évitez les charges lourdes (> 5 kg) et alternez les bras pour ne pas déséquilibrer votre posture. Un kinésithérapeute peut vous montrer des techniques pour soulever bébé sans risque.

Mon conjoint a peur que je ne puisse pas m’occuper de notre enfant. Comment le rassurer ?

La fatigue est le principal défi, mais elle se gère avec une bonne organisation. Montrez-lui des témoignages de parents avec SEP (il y en a plein sur les forums comme ForumSEP) et proposez-lui de rencontrer votre neurologue ensemble pour poser toutes ses questions. Un plan de secours (liste de proches à appeler en cas de coup de fatigue) peut aussi le rassurer.

Est-ce que la SEP va m’empêcher d’allaiter ?

Non, au contraire : l’allaitement exclusif réduit le risque de poussées post-partum. La plupart des traitements de fond sont compatibles avec l’allaitement (sauf exceptions comme le mitoxantrone). En cas de doute, demandez à votre neurologue de vérifier la notice du médicament sur le site LactMed (base de données américaine sur les médicaments et allaitement).