Imaginez : vous vivez aux États-Unis depuis des mois, voire des années, et vous pensez enfin pouvoir obtenir votre Green Card sans quitter le pays. Sauf que depuis mai 2026, l’USCIS (le service d’immigration américain) a changé la donne. Le « ajustement de statut » n’est plus un droit automatique, mais une faveur accordée au cas par cas. Résultat ? Certains profils sont désormais dans le collimateur. On vous explique qui est concerné, pourquoi, et comment mettre toutes les chances de votre côté – sans garantie, mais avec des infos solides.
C’est quoi ce « ajustement de statut » et pourquoi ça coince ?
Jusqu’ici, si vous étiez déjà sur le sol américain avec un visa valide (même un visa touriste), vous pouviez demander à changer de statut pour obtenir une Green Card sans retourner dans votre pays d’origine. Un processus appelé « ajustement de statut ». Sauf que depuis un mémo de l’USCIS en mai 2026, cette option n’est plus garantie. Les agents ont désormais le pouvoir de refuser votre demande s’ils estiment que vous ne méritez pas cette « grâce administrative ». Traduction : même si vous remplissez les cases sur le papier, votre dossier peut être rejeté. La raison officielle ? Lutter contre les fraudes et les abus. En pratique, cela signifie que les agents vont scruter votre historique migratoire avec une loupe. Par exemple, si vous êtes entré avec un visa touriste (B1/B2) mais que vous avez travaillé sans autorisation, ou si vous avez dépassé la durée autorisée de votre séjour, votre dossier sera automatiquement plus fragile.

Les 5 profils qui risquent le plus un refus (et pourquoi)
Tous les demandeurs ne sont pas logés à la même enseigne. Voici les groupes qui vont subir un examen plus strict, selon Andrés Echevarría, avocat spécialisé en immigration :
1. Les « overstayers » : ceux qui ont dépassé la durée de leur visa, même de quelques jours. Par exemple, si votre visa touriste de 6 mois expire le 1er juin et que vous déposez votre demande le 2 juin, l’USCIS peut considérer cela comme une violation.
2. Les travailleurs sans autorisation : avoir travaillé (même en remote pour une entreprise étrangère) avec un visa touriste ou étudiant est un motif de rejet. Les visas comme le B1/B2 ou le F1 n’autorisent pas le travail aux États-Unis.
3. Les fraudeurs (même involontaires) : avoir menti sur un formulaire, caché un mariage précédent, ou utilisé un faux document (même un diplôme) peut vous coûter cher. L’USCIS vérifie tout, y compris vos réseaux sociaux.
4. Les ressortissants de pays sous surveillance : si votre pays d’origine est considéré comme « à risque » (par exemple, certains pays d’Amérique latine ou du Moyen-Orient), votre dossier sera examiné avec plus de méfiance.
5. Les détenteurs de visas « intention unique » : les visas touristes (B1/B2), étudiants (F1), ou professionnels (TN, E-2) sont conçus pour un séjour temporaire. Si vous demandez un ajustement de statut peu après votre arrivée, l’USCIS peut soupçonner que vous aviez l’intention de rester dès le départ – ce qui est interdit.

Quels visas sont les plus (et les moins) risqués ?
Tous les visas ne se valent pas face à cette nouvelle règle. Voici le classement, du plus sûr au plus risqué :
– Les visas « double intention » (H-1B, L-1) : ces visas (pour professionnels qualifiés ou transferts intra-entreprise) permettent explicitement de demander une Green Card. Vous êtes donc moins susceptible d’être refusé.
– Les conjoints de citoyens américains : techniquement, vous avez le droit de demander un ajustement de statut. Mais l’USCIS peut exiger que vous retourniez dans votre pays pour un processus consulaire si votre dossier est jugé « suspect ». Par exemple, si vous êtes entré avec un visa touriste et que vous vous êtes marié 3 mois plus tard.
– Les visas étudiants (F1) et professionnels (TN, E-2, E-3) : ces visas sont conçus pour un séjour temporaire. Si vous demandez un ajustement de statut, vous devrez prouver une « situation extraordinaire » (par exemple, un problème de santé grave ou une persécution dans votre pays).
– Les visas touristes (B1/B2) : le pire scénario. Si vous entrez avec un visa touriste et que vous demandez un ajustement de statut, l’USCIS partira du principe que vous aviez l’intention de rester dès le départ – ce qui est une violation des règles. Votre demande a de très fortes chances d’être rejetée.

Que faire si votre dossier est en cours (ou si vous envisagez de postuler) ?
Si vous êtes déjà en train de demander un ajustement de statut, pas de panique : la nouvelle règle n’est pas rétroactive. Mais les agents peuvent l’appliquer aux dossiers en attente. Voici ce que vous pouvez faire pour limiter les risques :
– Ne quittez pas les États-Unis sans un « Advance Parole » (un document qui vous permet de voyager sans annuler votre demande). Si vous partez sans ce document, votre dossier sera automatiquement annulé.
– Documentez tout : si vous avez un motif valable pour demander un ajustement de statut (par exemple, un mariage avec un citoyen américain ou un emploi en H-1B), fournissez des preuves solides. Par exemple, des photos, des factures communes, ou une lettre de votre employeur.
– Évitez les activités interdites : ne travaillez pas sans autorisation, ne dépassez pas la durée de votre visa, et ne mentez pas sur vos formulaires. Même une petite erreur peut être utilisée contre vous.
– Consultez un avocat spécialisé : si votre dossier est complexe (par exemple, si vous avez déjà dépassé la durée de votre visa), un professionnel peut vous aider à présenter votre cas sous le meilleur angle. Comptez entre 2 000 et 5 000 dollars pour une consultation complète, selon la complexité de votre situation.

- Si vous avez dépassé votre visa de quelques jours, mentionnez-le dans votre dossier avec une explication honnête (par exemple, un retard de vol ou un problème de santé). L’USCIS peut être indulgent si c’est un incident isolé.
- Pour les visas touristes (B1/B2), attendez au moins 90 jours après votre arrivée avant de déposer une demande d’ajustement de statut. Cela réduit les soupçons d’intention préconçue.
- Si vous travaillez en remote pour une entreprise étrangère avec un visa touriste, évitez de le mentionner dans vos communications avec l’USCIS. Même si c’est légal, cela peut être mal interprété.
- Gardez une copie de tous vos documents (passeport, formulaires, preuves de séjour) pendant au moins 5 ans après votre demande. L’USCIS peut les réclamer à tout moment.
- Si vous êtes marié à un citoyen américain, préparez des preuves de vie commune (factures, contrats de location, photos) pour montrer que votre relation est authentique.
Est-ce que cette nouvelle règle s’applique aux dossiers déjà déposés ?
Non, la règle n’est pas rétroactive. Mais les agents peuvent l’appliquer aux dossiers en attente de traitement. Si votre demande est déjà en cours, elle ne sera pas automatiquement rejetée, mais elle sera examinée avec plus de rigueur.
Combien de temps faut-il pour obtenir une réponse après avoir déposé un dossier ?
Les délais varient selon le type de visa et la charge de travail de l’USCIS. En moyenne, comptez entre 8 et 14 mois pour un ajustement de statut basé sur un mariage, et jusqu’à 2 ans pour un emploi en H-1B.
Puis-je travailler pendant que mon dossier est en cours ?
Cela dépend de votre visa actuel. Si vous avez un visa de travail (H-1B, L-1), vous pouvez continuer à travailler. Si vous êtes en visa touriste ou étudiant, vous n’avez pas le droit de travailler, même si votre dossier est en cours.
Que se passe-t-il si mon dossier est rejeté ?
Vous recevrez une notification avec les motifs du rejet. Vous aurez généralement 30 jours pour faire appel ou déposer une nouvelle demande. Dans certains cas, vous pourriez être placé en procédure d’expulsion.
Est-ce que je peux demander un ajustement de statut si je suis entré illégalement aux États-Unis ?
Non. L’ajustement de statut n’est possible que si vous êtes entré légalement avec un visa valide. Si vous êtes entré sans inspection, vous devrez quitter le pays et demander un visa depuis votre pays d’origine (sauf exceptions rares, comme le programme DACA).
Qu’est-ce qu’une « situation extraordinaire » pour l’USCIS ?
C’est un motif qui justifie que vous ne puissiez pas retourner dans votre pays pour un processus consulaire. Par exemple, une maladie grave, une persécution politique, ou un risque pour votre sécurité. Vous devrez fournir des preuves médicales ou juridiques.


