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N° 2370 · Corps

Hantavirus Andes : ce rongeur méconnu qui peut nous rendre malades

Imaginez un petit rongeur, pas plus gros qu’une souris, mais capable de transmettre un virus dangereux simplement par ses urines ou ses crottes. Ce n’est pas de la…

Imaginez un petit rongeur, pas plus gros qu’une souris, mais capable de transmettre un virus dangereux simplement par ses urines ou ses crottes. Ce n’est pas de la science-fiction : c’est la réalité du rat pygmée de rizière, porteur du hantavirus Andes. Après des cas récents sur un bateau de croisière, ce virus refait parler de lui. On vous explique où il vit, comment il se propage, et surtout, comment se protéger sans paniquer.

Un rongeur discret, mais pas inoffensif

Le rat pygmée de rizière (Oligoryzomys longicaudatus) ressemble à une souris, mais avec une queue plus longue que son corps : jusqu’à 13 cm pour un corps de 9 à 12 cm. Il pèse entre 33 et 50 g, soit deux à trois fois plus qu’une souris domestique. Contrairement à ce que son nom suggère, il ne vit pas dans les rizières, mais dans les forêts du Chili et d’Argentine, près des cours d’eau. Nocturne et opportuniste, il se nourrit de graines, de fruits, et même d’insectes. Le problème ? Il est le principal réservoir du hantavirus Andes, un virus qui peut se transmettre à l’humain par inhalation de poussières contaminées par ses excréments ou sa salive. Pas de panique : la transmission directe entre humains reste rare, mais possible.

Un rongeur discret, mais pas inoffensif
Le rat pygmée de rizière, petit mais porteur d’un virus dangereux.

Pourquoi ce virus fait-il peur ?

Le hantavirus Andes peut provoquer une maladie grave, le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), avec un taux de mortalité d’environ 35 % selon l’OMS. Les symptômes ressemblent d’abord à une grippe (fièvre, courbatures), puis peuvent évoluer vers des difficultés respiratoires sévères. Les premiers cas humains ont été identifiés en 1995, et depuis, le virus circule régulièrement en Amérique du Sud. La bonne nouvelle ? Il ne se transmet pas par la nourriture ou l’eau, mais bien par contact avec des environnements contaminés. Si vous voyagez dans des zones rurales du Chili ou d’Argentine, évitez de dormir à même le sol ou de manipuler des rongeurs morts.

Pourquoi ce virus fait-il peur ?
Un masque et des gants pour nettoyer en sécurité.

Où risque-t-on de le croiser ?

Ce rongeur adore les forêts de Nothofagus (des hêtres australs) et les zones humides, mais il s’adapte aussi aux steppes et aux bordures de champs cultivés. On le trouve du niveau de la mer jusqu’à 2 000 mètres d’altitude, mais toujours près d’un point d’eau. Les « ratadas », des explosions de population tous les 12 à 15 ans lors de la floraison des bambous, augmentent les risques de contact avec l’humain. En ville, pas de souci : il n’a jamais été observé dans les habitations. En revanche, si vous campez ou randonnez dans ces régions, aérez les abris avant de les utiliser et évitez de balayer les sols poussiéreux sans masque.

Où risque-t-on de le croiser ?
Camper en zone à risque : privilégiez les abris surélevés.

Comment se protéger sans devenir parano ?

Pas besoin de vivre dans la peur, mais quelques gestes simples réduisent les risques. D’abord, si vous voyagez dans les zones concernées, évitez de laisser traîner de la nourriture ou des déchets qui pourraient attirer les rongeurs. En cas de nettoyage d’un abri ou d’un grenier, portez un masque FFP2 et humidifiez le sol avant de balayer pour limiter les poussières. Enfin, si vous trouvez des crottes ou des traces de rongeurs, ne les touchez pas à mains nues : utilisez des gants et désinfectez avec de l’eau de Javel diluée (1 volume d’eau de Javel pour 9 volumes d’eau). En cas de symptômes grippaux après un séjour dans ces régions, consultez un médecin sans tarder.

Comment se protéger sans devenir parano ?
Désinfecter les traces de rongeurs avec précaution.
💡 Conseils & astuces
  • En voyage, choisissez des hébergements avec des sols en dur et des moustiquaires aux fenêtres pour limiter les contacts avec les rongeurs.
  • Si vous devez nettoyer un abri en zone à risque, portez un masque FFP2 et humidifiez le sol avec un vaporisateur d’eau avant de balayer.
  • Ne touchez jamais un rongeur mort à mains nues : utilisez des gants et désinfectez la zone avec de l’eau de Javel diluée (1:9).
  • En cas de symptômes grippaux après un séjour en Amérique du Sud, mentionnez votre voyage à votre médecin pour un diagnostic rapide.
  • Évitez de dormir à même le sol en forêt ou en zone rurale : utilisez un matelas ou un hamac surélevé.
FAQs

Peut-on attraper le hantavirus en mangeant des aliments contaminés ?

Non, le virus ne se transmet pas par la nourriture ou l’eau. Il se propage uniquement par inhalation de poussières contaminées par les excréments ou la salive des rongeurs.

Le rat pygmée de rizière est-il présent en Europe ?

Non, ce rongeur est endémique d’Amérique du Sud (Chili et Argentine) et n’a jamais été observé en Europe.

Faut-il éviter de voyager dans ces régions à cause du hantavirus ?

Non, le risque reste faible si vous prenez quelques précautions (éviter les contacts avec les rongeurs, aérer les abris, etc.). Les cas humains sont rares et localisés.

Comment reconnaître les crottes de ce rongeur ?

Elles ressemblent à celles d’une souris, mais sont souvent plus allongées (5 à 10 mm). Si vous en trouvez, ne les touchez pas et désinfectez la zone.

Les animaux domestiques peuvent-ils transmettre le virus ?

Non, les chiens et chats ne sont pas des réservoirs du hantavirus Andes. En revanche, ils peuvent rapporter des rongeurs morts, d’où l’importance de les surveiller.

Existe-t-il un vaccin contre le hantavirus Andes ?

Non, il n’existe pas de vaccin pour l’instant. La prévention repose sur l’évitement des contacts avec les rongeurs et leurs excréments.